Good Morning Nanjing !

12 janvier 2008

Nanjing's writings



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Nankin , 1 C’est Ponge qui parlait  écrivait dans son texte « l’Orange » a propos de cette« Explosion sensationnelle de la lanterne vénitienne de saveurs » cette « qualité différentielle » -bouquet chinois finalement- ressentie dans l’espace du paysage citadin en mouvement pâle et blafarde réverbération d’une flottante fadeur lumineux Nankin où l’objectif demeure maintenant de retrouver aujourd’hui une ligne un tracé –au cœur de cette turbulence dynamique de la ville- retrouver un point d’origine le début et la fin de ce point dans un temps un espace une dimension différente -hors du récit de voyage-descriptivo-exotico-maniaque- une épreuve de l’étranger donc face aux signes indéchiffrables barrière linguistique obstacle positif Deleuze restant comme point d’appui encore-toujours pourtant évoquant la ligne de fuite (« La grande erreur, la seule erreur, serait de croire qu’une ligne de fuite consiste à fuir la vie ; la fuite dans l’imaginaire, ou dans l’art. Mais fuir au contraire, c’est produire du réel, créer de la vie, trouver une arme ») L’avalanche l’inondation le flux et le reflux de l’image- et ce bavardage permanent incessant- sur communication toujours présente aliénante - qu’elle soit orale ou écrite (« eau propre eau sale ») ne change`malheureusement rien- tout cela ne concerne en rien la poésie, surtout paradoxalement ne donne pas’’ prise’ , suspend la sensation dans ce qu’il faut bien nommer un insaisissable de la relation pourtant présente ici- maintenant air vital cendre souffle dans l’élan la pertinence constructive discussion sous l’amical l’arbre chinois sur Xi Qiao gardien souverain des projets tremblants encore au carrefour de Hunan Lu avant que le monde ne devienne un vaste secrétariat savoir se re-accrocher a une arborescence émonder les copeaux de la bêtise mondialisée crever l’écran enfin savoir faire de la simplicité une pratique de chaque jour.     L’intraduisible faisant loi désormais mouvement au centre de l’écoumène mouvement reprenant souffle mouvement comme respiration possible lenteur retrouvée force motrice force du sens Relisant Maldiney : « La poésie se lève en elle-même comme le réel à partir de rien » Ce rien entraperçu un soir suspendu a une bicyclette comme il y’en a des milliers a Nankin quelque chose –bleu- vieux chiffon ou tissu déchire. Dans la course nocturne, le mouvement citadin la précipitation l’éclat silencieux de cet insolite : un lent et profond écho –fulgurance saisissante- avec le paysage ambiant                             (le jour endolori se couche soir marin ondulations crépusculaires) Matière pauvre et sans reflet mouvement approximatif faisant resurgir en un lent tremblement les lumières de la ville phares lactés néons toujours…écrans géants lisses trop lisses profusions de fluorescences hautes technologies Une échappée sur la matière donc-toujours - le parfum surtout parfum numérisation impossible - quasi palpable du haut de la montagne Zijing -‘’shan’’ aromatique- j’ai eu l’impression fugitive qu’un dépassement de la représentation pouvait s’inaugurer qu’il est quand même possible de marquer enfin un instant de vraisemblable dans le temps  Aussi gloire a toi NiZan ! dirigé vers toujours plus de simplicité                 de dépouillement , surtout cette réappropriation de l’espace  intime paysage vital au cœur de cette sensation roborative secousse de tous les sens que procure toujours le voyage Et pourtant Claudel m’ennuie J’ai encore du mal à comprendre le lyrisme de Segalen pourtant ce qu’il dit écrit dans l’une de ses odes ne peut être que juste ce questionnement toujours valable dans l’une de ses odes : « Où est le sol, Où est le site , où est le lieu - le milieu, où est le pays promis à l’homme ? » de dépouillement surtout cette réappropriation de l’espace                 Voici alors ce rêve où perche dans les branches d’un arbre géant dans le parc de Gulin a proximité de l’université des arts approfondissement de cette perdition car je ne retrouve pas mon carnet dans lequel d’habitude je note tout c’est un garde rouge qui me le remet en riant à l’intérieur il tombe sur des mots simples il veut que je lui apprenne comment nommer et prononcer les quatre saisons en français« printemps » « été » « automne » « hiver » C’est alors le grand réveil


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Nankin, 2 .
« Il y’a dans le même pays plusieurs mondes véritablement ».(André Dhôtel) «Le poète arrête les abandons a priori du journaliste en lui.» (Philippe Beck)


C’est Ponge qui parlait écrivait dans le « Le cycle des saisons » que « l’on ne sort pas des arbres par des moyens d’arbres » la question est de savoir aujourd’hui si l’on peut sortir de Ponge par des moyens de Ponge l’arborescence étant je l’ai déjà dis déjà écrit informatisée numérisée googlisée aussi relisant Théophile Gauthier (« En Chine » dans un beau livre introuvable intitulé « Caprices et Zigzags ») : « L’idée de ce voyage par catégorie nous eût autrefois contrarié  il nous eut plu de parcourir le monde en pèlerin solitaire, à pied ou à cheval, au hasard des chemins et des auberges ; mais les grandes inventions scientifiques modernes ont cela de remarquable qu’elles poussent à la vie commune malgré les mœurs et les répugnances politiques. » Ceci écrit à propos des chemins de fer au 19 eme siècle en Chine (mon Orange désormais qui ne présente que le seul défaut d’être un peu trop à la mode en ce moment ) mais cela n’est t-il pas applicable à la machinerie actuelle (Super Computer autoroute de la surinformation ?) détruisant littéralement toutes formes d’intimité et de distanciation critique par l’effet de vitesse qu’elle provoque (avec cette idée saugrenue que la machine «c’est plus fort que toi » ?)   Aussi Pour m’en sortir j’ai pensé que je pouvais me rabattre sur le lao sheu Prigent ne disait-il pas  n’écrivait-il pas dans un petit texte la « Leçon de Chinois » en 1977 :  « Dedans y a de l’athée horrible et des fesses réelles de la terrorie et d’leffet rebelle de la théorie et des fraises airelles de l’athéotic et de la prairie d la tactique et du prix dlapprêt et du fric du chien et sa chine d’ la Chine et du chié ».  Voici un beau prétexte (c’est le cas de le dire c’est le cas de l’écrire) un beau point d’origine Aussi L’informatique pour moi c’est du chinois.  La lecture en roulement –déroulement comme la peinture de paysage en rouleau Les yeux zigzaguent pensée zappée vite trop vite ne lisent pas mais visionnent les signes les concepts les idées (prises sous tous leurs supports possibles et imaginables : écrits oral audio vidéos) Oui tout cela est bien constitutif d’ un ensemble rouage d’une horlogerie inévitable dans laquelle nous ne pouvons que nous infiltrer (un peu comme le Charlot des Temps Modernes ce grain de sable indémodable) puisque que comme nous le savons tous  tout ceci est « générationnel » donc c’est bien la contrainte actuellement de vivre sous le signe d’une « Littérature de l’épuisement » qui ne peut que faire sens et tout change à partir du moment où l’on comprend qu’il s’agit là d’un  jeu voire d’une comédie (familiale sociale politique) et qu’il nous incombe ou non d’y participer importe peu car seul compte finalement l’exercice de Création (récréatif) et de Production (de plaisirs des sens et de jouissances intellectuelles ce qui revient au même en fin de compte.)                                                                                                     Retour au pays donc et évidemment le rythme n’est plus le même et après coup on ne peut que se dire que c’était une expérience enrichissante que ce séjour: hallucinante même (comme découvrir l’Eldorado) miraculeuse même (on dit alors Révélation au secours Claudel revient !) et impensable (comme soulever un non-dit ou découvrir une vérité cachée) et semblable parallèle l’expérience tâtonnante difficile et douloureuse d’écriture de ce texte même et  forcément avec le rythme d’écriture qui reprend un peu de sa normalité hors étrangeté on écrit droit on marche droit on pense droit et c’est ce que je recherche finalement après  des années de réitération permanente et qui me manque : une certaine rigueur dans la pensée et la volonté d’y mettre de l’ordre loin de tout sentiment de peur ou de panique et surtout de considération nostalgique. (mais de quelle Rigueur s’agit-il vraiment ?Celle que nous propose la France étouffante actuelle? J’en doute hélas) Avec cette idée un peu absurde en arrière fond que seul un « Je » (qu’exacerbe un narcissisme aux allures d’infini - néo- romantisme précaire- et que renforce une pensée sportive mondialisée relativement discutable quand à ses fins réelles) peut être seul capable de traduire la mosaïque des paginations- vitrines-miroirs sans véritables liens que peut créer ce nouveau livre- catalogue qu’est Internet questionnant et devant questionner le Littéraire pour qu’il évite de confondre deux écritures deux entretiens bien différents (grosso modo « émoticons » et émotions.) (mais la question est trop vaste et surtout trop actuelle -c’est d’ailleurs ce totalitarisme du présent de « l’époque » qu’on nous inflige ce « les temps ont changé » faisant loi maintenant qui demeure le plus insupportable- donc le recul étant impossible je me tourne sur une citation de Mallarmé à lire et à méditer : « L'explication orphique de la Terre , qui est le seul devoir du poète et le jeu littéraire par excellence : car le rythme même du livre alors impersonnel et vivant, jusque dans sa pagination, se juxtapose aux équations de ce rêve ou Ode. » (Lettre à Paul Verlaine)).                     Aussi Je n’évoquerai plus que les souvenirs désormais comme Hélène Cixous «J’aimerai écrire en français à cause d’une hirondelle. J’aimerai écrire une phrase libre.» : Pages-vitrines de Nankin ( « Mes pensées sont mes catins », Diderot) et comme le déroulement est vif sur XiQiao je vais chercher le calme plus loin et je rentre doucement  quelques promeneurs ivres et joueurs de Mah-Jong hirsutes et braillards rentrent et sortent de chez ces coiffeuses de nuits camouflage des plus incertains car ici la prostitution fait rage univers de néons roses et glauques avec parfois quelques tables de billards verts sortis là en pleine rue (sans doute pour exciter le passant et l’inciter à jouer) mais le plus intéressant est sans doute la combinaison avec l’odeur de viandes grillées et de brochettes adjacentes toujours dans le déroulement de la bicyclette le fumet gagne l’ensemble du quartier et je parviens cette fois-ci à l’angle de Guloxincun où le spectacle continue avec en arrière fond le tu mettrais l’univers entier dans une ruelle bien évidemment mais les travaux incessants les chantiers qui s’étendent tout au long des marchands de zhàcài et de guǒpǐn me hèlent pour me demander quelques RMB je transporte attaché derrière moi une petite valise assez laide il faut le dire achetée la veille chez un escroc de Hunan Lu j’y ai mis toutes sortes de choses petits bracelets montres garanties à vie cassées au bout de dix jours bagues aux couleurs pigmentées de points noirs comme font coccinelles papiers surtout papiers de toutes sortes ornementés des insignes de chaque université de la ville Nanjing Normal University Nanjing Art Institute Wenzhou Medical College livres de méthodes dessins pour enfants jeux de cartes papiers administratifs divers vieux billets d’avions  photocopies des Grammaires Progressives du Français en pagaille surtout les chapitres « Présent » « Imparfait » Le « subjonctif présent » surtout (le « Il faut que » est un grand « Must » c’est le cas de le dire c’est le cas de l’écrire ) DVD dernier cri et de toutes sortes classiques films d’actions chinois (la philosophie est aussi un sport de combat) l’intégrale de Hitchcock de Kurosawa de Tarantino  surtout beaucoup de films français langue ligne unique sans ambigüité entre Chine et Amérique seule digne d’être enseignée et diffusée (et je ne suis guère nationaliste et cette justification même est immonde) quelques tours de magies pour épater la galerie et faire le malin un Fumaroli pour conserver l’esprit diplomatique l’herbier verbal à l’usage des écrivants et des lisants de Volkovitch l’éloge de la fadeur de François Jullien La Lettre sur les aveugles et comme on peut fumer sans arrière pensées en Chine des paquets de Hong Tai Shan par dizaine offerts par des étudiantes bien attentionnées des boites à gogo en métal ornées de dragons bœufs et serpents compas doré représentant les soixante quatre combinaisons du tao offert par un ami chinois philosophe (qui déteste la pluie et grand buveur de Baidju devant l’eternel) des copies d’élèves – trop ?- studieux et méthodiques carnets et trousses reliés de cuir pinceaux et crayons cahiers et encres  pour travailler à la calligraphie mon seul domaine de poésie mon seul remède désormais  pour ne pas trop sombrer dans la pesanteur bureaucratique et économique: le bien écrire versus l’abject.                               


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Nankin , 3 :
  « L’enquête est comparable à une longue gestation, et la solution d’un problème au jour de la délivrance. Enquêter sur un problème, c’est le résoudre »  Mao Tse Toung.

C'est Ponge qui parlait, écrivait,  dans Le Papillon  : « Il pose au sommet des fleurs la guenille atrophiée, qu’il emporte, et venge ainsi sa longue humiliation amorphe de chenille au pied des tiges». "Au sommet  des fleurs", pensées alors , résurgence du souvenir au jardin botanique Zhiwu Yuan , à moins qu’il ne s’agisse du « Jardin du mont de fraîcheur », levé très tôt ce matin là pour filmer avec une minuscule caméra accrochée au panier du vélo , déroulé cycliste avec paysage adjacent, city émergente en perpétuelle emergency , comme « au creux de la vague », comme « béance », dans l’essoufflement, le décor nankinois , comme un moyeu effectue sa mise en scène en accélérant ses contours et ses tours, sans trop savoir pourquoi lâchant les freins sur le vélo :  soirée des joyeux drilles , expatriés , amis inconnus , ambiance bon enfant de la veille comme résurgence. Cette année là comme un long samedi soir finalement , le monde est dadaïste ,  la surface écran du réel floue,  lendemain de soirée avec toujours cette phrase de Tzara : « je pense à la chaleur que tisse la parole/autour de son noyau le rêve qu’on appelle nous » levé très tôt ce matin là , à ma table de travail. L’idéal d’écriture vécu sur ce morceau de rêve , un tableau d’Eugène Isabey (je suis ses traces) «L’alchimiste » fantomatique , comme unique rempart , et la comédie artistique pour apaiser le tout comme résurgence, morceaux de rêves du voyage,  rouleau pourtant pris dans le moyeu taôiste, morbide, tenace, ironique, sournois : Mondialisation Magical Mystery Tour (?)  Trafic des corps au milieu de nul part. Est-ce une bonne chose ? Quelqu’un me dit qu’il n’y a plus de dehors... Ce morceaux de poésie (plus vu que lu entendu que lu) voudrait éviter la grossièreté de l’impudeur  et de l’écrit blogué (bloqué ?), vomi par la machine , et privé de tout esprit d’analyse « pris dans le mouvement ». Oui , « pris dans le mouvement » disait-on avant que je parte. C'est un fait nous nous ne sommes plus dans «  l’anti » désormais , mais bien dans  «  l’alter » , la recherche de « l’ alter » , un autre mouvement , une autre transposition , disions nous poussé vers Autre , « pris dans le mouvement » a la Terrasse... Essor... prisonnier du carcan informatique....Mais déjà , impatient je constate que tout ceci , cette considération même reste ancrée dans l’époque... Toujours pris dans la course , je pense au film « Tron » de façon un peu absurde comme évoluant dans chine informatique... Je voudrais penser l’étrangeté du pays où je suis et le support sur lequel j’évolue: Ecran et Chine , Ecran de Chine... Ces écrits même... brouillons exercices forcenés , expérimentation un peu délirante, rageuse d’une douce dingue théâtralité hallucinante hallucinée, de l’écriture elle même puisque travail sur l’oralité il y’a, oralité kaléidoscopique de l’"espèce-espace" évitant de singer en plus , ce serait bien , l’exercice de libération de soi , type activité créatrice à la Artaud en vente libre dans chaque HP (mais les gens normaux n’ont rien d’exceptionnels n’est-ce pas ? ) cet écrit , voudrait jouer au détour (comme la pensée chinoise finalement) par rapport à l’esprit de sérieux actuel (si tant est que ce détour est possible ) et  affirmer le plaisir , l’amusement , l’obsessionnel objoie, que procure toute forme d’écriture , le poétique tout comme l’événementiel fatiguant néanmoins. Mais quelqu’un me dit qu’ « il n’y a plus de dehors » , ou alors c’est une figure dépassée , épuisée... Un élève chinois m’écrit un mail , il s’est donné comme pseudo  «Bill Gate », il est très vif et dynamique, il a la trentaine, mais c’est un enfant en cours, sans trop savoir pourquoi j’ai calqué mon rire sur le sien... Pourtant devant une serre du jardin botanique...Zhiwu Yuan... à moins qu’il ne s’agisse du « Jardin de mont de fraicheur » où évoluent quelques papillons, j’élabore des équations, des probabilités un peu folles :                                                           "Si je prends Nankin comme une orange et la considère à elle toute seule comme un « magma poétique » ou « abcès poétique » dans lequel se mêlerait (comme s’emmêle les mailles mails du filet de la toile) dans un flux et reflux d’images de discours et de langues différents comme font sur l’écran mondiale république désormais, je voudrai que ce soit l’éclair d’une possibilité de communauté Concorde amicale                                                                                        (même si vécue par beaucoup comme joyeux  « méga-mix-en-route-vers-l’aventure-high-tech-libérale » !), oui , comme calque , monde parallèle , double, papier réelle photocopie exemplaire étrange étrangeté décalcomanie vécue... Ici , nulle fuite, seulement l’essai lent tremblant , d’une possibilité , d’une expérience expérimentale de l’écriture poétique , si tant est qu’il y’en ait une spécifiquement cernable et conceptualisable , aussi  il y’a du boulot  et comme j’ai un peu mal à la tête à partir de ces grandes envolées de mon raisonnement je me rêve scénariste-romancier- décadent- avec- cigarette- à –fumer- entre-pouce –auriculaire-à-la-télé c’est plus tranquille et moins dangereux plus reposant même lecteurs comme cobayes plantes du  jardin même chacun derrière son paravent ordinaire ordinateur     s’ exhibant enfin sur Terrasse pour enfin échanger , élaborer le pourtour d’une concorde probable , avec petite ambiance et décor exotique en arrière fond pour faire joli dans un temps où l’on ne parle plus que de la fin du voyage ce qui est assez regrettable , tant le vrai problème est de savoir de quelle métaphore (c’est à dire à l’origine de quel « transport ») on parle vraiment finalement, pour vraiment changer quelque chose. Pour ma part ,  je m’inscris complètement au jardin botanique « Zhiwu Yuan » à moins qu’il ne s’agisse ici du « Jardin de mont de fraîcheur » dans la marche , la course , cette fois ci je suis mon propre essoufflement , mon corps lavé suant quelques vapeurs d’alcool de baidju de la veille se mêlant a un qīngxiāng parfum suave des jardins alentours comme moteur de recherche.... Le mal de tête est terrible , migraine insupportable , je tiens sur les nerfs et mon corps en marche ainsi que le chant des oiseaux du parc alentour me maintient , me fait tenir. Je ne sais si ce fut la veille , mais résurgence a présent , un ami Antillais abandonné au désespoir se trainant dans les ruelles sombres et underground de Nankin se souvenant de quelques chers disparus là-bas au pays natal a moins qu’il ne s’agisse d’ un ici fatigué par le labeur chinois mais pour ma part nous étions semblables , j’avais endossé depuis le début le rôle enfantin du gros rebelle  un peu orgueilleux , buté, teigneux ce qui peut expliquer cette volonté a tout prix de « vouloir tenir et résister à la cool » mais bien plus que cela  , sur ce radeau médusé et après trois années sans un répit.       Aussi devant une serre du jardin botanique «Zhiwu Yuan » à moins qu’il ne s’agisse ici du « Jardin du mont de fraîcheur » dans la marche la course je suis mon propre essoufflement. Robinson parle en vers . Ou en prose qu’importe .Oui le dehors existe mais il faut savoir remuer ciel et terre pour cela (morale élémentaire à la Valentin Bru  ) . Funambule à sauts et gambades , je cherche la ligne de faille entre extériorité et intériorité , sans sombrer dans les poses épaisses du littérateur de voyage , je voudrai néanmoins garder la saveur des rencontres et des jours figures essentielles du dehors : c’est ainsi que Chine est motif rêvé, Chine est motif réel, Chine est cette ligne sur motif millénariste adjacent sur laquelle j’évolue avec curiosité mais sans sombrer néanmoins dans l’ébahissement total de l’imbécile heureux d’un coté ou du super sceptique prêt a tout dénigrer bon prétexte pour rester chez soi de l’autre .Finalement c’est la violence de ce qui nous fait face actuellement , c’est à dire la Violence mondialisée en elle même qui faisant loi désormais détermine ce que nous devons faire ou non. A chacun d’y trouver son compte pour ma part et comme un Bashô a Nankin j’essaye de fixer non le vertige mais bien le plus juste point possible d’équilibre entre le poétique le politique le philosophique  (même si je reviens toujours vers le politique irrémédiablement étrange tendance mais je m’y fais). Sur XiQiao la nuit tombe et  seuls quelques vendeurs de cigarettes dans les "suguo" (supermarchés) adjacents , suivis de quelques gardes rouges sur leurs bicyclettes rouillés suivis de quelques voitures un peu sombres suivis de quelques bouis-bouis échelonnés là aux devantures incertaines puisque changeantes chaque mois suivis de quelques cybercafés suivis de quelques marchands de jiao zi (raviolis) font Animations.       Après cette folle journée et avant que la préparation de la rentrée du lendemain , éreinté , fatigué , couché sur mon lit je me repasse les photos du parc botanique "Zhiwu Yuan" , a moins qu’il ne s’agisse du « Jardin du mont de fraîcheur », très vite la Serre me réapparaît dans ce qu’elle avait de proprement « campagnard » , c’est à dire d’incroyablement étranger dans cette zone ultra citadine qu’est Nankin.                                                            Augustin Berque (dans la revue Tracés n°5) : « Dire qu’un paradigme nippon ne vaudrait pas pour nos villes, c’est exprimer la conviction que l’urbanité – comme sens de la ville - n’est pas transposable. L’histoire du Japon le montre ; et c’est également ce dont peut convaincre l’acquis de la géographie culturelle : d’un milieu à l’autre, ce que l’on peut transposer, ce ne sont que des éléments dé-contextualisés, lesquels sont re-sémantisés, dans un autre sens, en fonction d’un nouveau contexte. »                                          Je voudrais que ma langue , le français , soit l’outil principal de cette « re-sémentisation », comme une arme décisive francophone dans un monde où tout se dé-contextualise justement . Oui ,  comme outil de tissage, ou de recollage , comme la lunette indispensable pour mettre à jour une fresque- mosaïque des plus fluctuantes. Sur ce, Bonne nuit et bonne chance ! «wǎnān hé  hǎo yùn !» .             

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